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Conversation avec l’Artpreneur

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C’était un Mardi, à Abidjan, 11  heures peut être ? De toutes les façons, avec ce soleil de plomb, impossible de souvenir de quoi que ce soit. La mission du jour ? Aller à la rencontre de celui qu’on appelle appelle Papi ou l’Artpreneur, véritable phénomène instagram adulé pour son esthétique minimaliste et epurée. Ce transfuge de l’école militaire de New York avant son virage à 180° aux Beaux-Arts du Connecticut est ce qu’on appelle un artiste  voyageur. Toutes les villes qu’il a parcouru l’auraient  marqué d’une empreinte indélébile – c’est ce qu’on appelle l’expérience-et ouvert un peu plus son esprit à la création. La curiosité est emulsion, rencontrer le personnage est un honneur, petite révision de mes questions avant qu’on ne m’annonce qu’on est déjà, dans son “atelier itinérant”, qui est en fait l’hôtel Lepic, où il séjourne depuis quelques semaines. On s’installe. Papi est là, face à nous, le personnage semble avoir été taillé du bois d’Ebène. Sourire sympathique, l’entretien peut commencer…Échange avec l’artiste autour de sa vision de l’art et de la créativité africaine. 

Qui est Papi  ?

( La question paraît l’amuser, il réfléchit un moment et finit par répondre en souriant) Papi, c’est un artiste sénégalo-mauritanien qui exerce sur le continent africain ! 

Quel est votre langage artistique ?

Il est surtout visuel, ce qui m’intéresse, c’est de retranscrire, de pouvoir communiquer une énergie à travers mes visuels que ce soit par des pigments ou en pixels.

omment définissez vous votre art ? 

Je ne définirai pas mon art. 

Vous ne pouvez pas définir votre art ? 

 impossible pour moi, de faire ça, de définir mon art, je vis par inspiration. 

Et bien quels sont vos médiums de prédilection ?

La peinture à l’huile, la sculpture  et bien evidemment le digital ! 

Quel est le sujet principal dans votre travail ?

On en revient à la question de la définition de mon travail, comme je l’avais dit… En fait, il n’y a pas de sujet ou thème principal qui prends le pas sur l’autre dans ce que je crée, Ce qu’on voit sur une image que j’ai fait, c’est ce qui me passe dans la tête, ça reste tout de même fluide, épuré et homogène.

Quelles sont vos influences ? 

Les gens que je cotoire, dont je suis le travail et l’histoire. L’histoire parce que j’ai un intérêt dans l’origine des choses, dans l’origine du monde, ça me rend curieux, je veux savoir pourquoi les choses sont ainsi, comment est-ce qu’on est là aujourd’hui. 

À quoi ressemble votre lieu de travail – votre atelier?

Je le qualifierai d’ “atelier itinerant” car je l’ “installe” et l’adapte en fonction de la ville où je prends mes quartier, en ce moment je suis à l’Hôtel Lepic [Ndlr : il y a séjourné plusieurs semaines avant son depart], je le considère comme mon espace de travail, j’y peins et je laisse libre court à ma créativité.

Comment votre pratique a évolué au fils du temps ?

Beaucoup moins académique, plus beaucoup spontanée. On a tous une fibre artistique, certains s’en rendent compte le pratiquent un moment, arrêtent d’autres  décident de continuer de la développer. Je suis de ceux qui n’ont arrêté. J’ai toujours été en train de peindre, j’ai toujours dessiné; À un moment j’ai fait les beaux arts, et pour moi c’était vraiment un milieu académique, il me fallait un environnement plus intuitif, qui pousse à la création.

En tant que créatif comment jugez-vous l’importance d’Instagram ? 

C’est un outil d’émancipation. C’est surtout un outil d’autonomisation qui permet de monter un marketplace et d’atteindre directement une plus grande audience  et un marché, c’est mon réseau de prédilection


Quelle est votre lecture personnelle de l’art en Afrique ?


Je pense que nous sommes à un moment crucial pour l’art Africain  et l’art en Afrique, le monde a les yeux rivés sur nous. Tout ce qu’on voit dans la culture en général est profondément ancré dans ce qu’il se passe ou s’est passé Afrique. Maintenant, c’est à nous de voir si nous comptons rester passifs ou actifs. Raconter notre histoire ou être d’inglorieux acteurs dans le film de quelqu’un d’autre.



On dit souvent que vous donner une vague rafraîchissante  au paysage web créatif africain, Est-ce votre sentiment ? 

(Il réfléchit…) ça arrive qu’on me le dise, mais je vois ce que je fais comme une goutte d’eau dans l’océan, par contre je suis content de le faire maintenant, à cette ère, car j’ai plusieurs contemporains qui m’inspirent. 


Comment avez vous eu l’idée de Lives ? 

Je n’ai pas eu l’idée tout seul, ça a été fait avec des amis proches et des collaborateurs. En gros, j’ai organisé le premier meet up instagram à dakar, les amoureux de photographies et de Dakar en images. Nous nous sommes rencontrés et nous avons échangés. C’était une première, c’est à partir de là que nous avons crée un compte instagram pour relier toutes les images qui ressortaient de cette rencontre, mais aussi pour illustrer notre Dakar, à nous ! Ça a pris de l’ampleur par la suite. Lives et Dakar Lives en particulier, c’est à la base une communauté, une plateforme collaborative et participative. Avec toute cette énergie et l’engouement qui a été stimulé, je me devais en tant “Artpreneur” de le federer en business  et d’avoir un impact social et économique. 

Quels sont les créatifs ivoiriens dont le travail vous inspire ?

Je dirais la créatrice  Loza Maléombho, tout le collectif abidjan Hard Corp, le peintre Carine Mensah et les photographe Dadi et Tony Sant’ana. 

Des projets d’avenir ? 

l’implantation de Lives en Côte d’ivoire,  Mwami ma marque de vêtements et enfin la compagnie qui portera mon nom, elle aura pour vocation de créer de l’art.

En ce moment on s’apprête à lancer l’application de Lives et être actif dans tout le continent. Pour Mwami, je suis entrain de monter une chaîne de production textile au Sénégal pour tous les designers de la région. Au niveau de l’art, c’est de continuer à  faire ce que j’ai toujours fait, voyager, peindre, créer dans d’autres villes ou destinations et d’en faire des expositions, je n’ai pas encore fait d’exposition à Abidjan mais ça ne saurait tarder. 

Comment vous sentez-vous à abidjan ?

Comme chez moi ! Comme quand je suis à Bamako ou à Dakar, il y’a une énergie de dingue qui émane de cette ville. 

Vous êtes aussi designer avec ta propre marque “Mwami”…


Oui, la marque est disponible à abidjan, il y’aura un renforcement conséquent  des pièces déjà disponible dans chez Dozo, bientôt, les boutiques Couleur Concept et le  Comptoir des artisans recevront des pièces pour le grand plaisir du public ivoirien. . 

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