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COUPLES ICONIQUES

LES COUPLES AFRICAINS ICONIQUES

Plusieurs définitions sont attribuées à l’amour dans le dictionnaire ou par une quelconque personne, car il reste le sentiment le plus rapprochant et le plus personnel qui soit. Bonheur, persévérance, mésentente et souffrance sont par contre les principaux piliers de ce sentiment pluridimensionnel. Bouleversés par celui-ci, les couples sont souvent tiraillés entre les bons et les mauvais côtés de l’amour en faisant face à certains dilemmes que rencontrent ceux-ci durant leur vie amoureuse. En voici 3 et pas des moindre, ce sont les quelques-uns des couples les plus iconiques et emblématiques du continent africains.

Amadou et Mariam, de leurs noms complets Amadou Bagayoko et Mariam Doumbia, le couple mythique de musiciens maliens, ont la rare particularité d’être tous les deux aveugles. Aucun d’eux n’est aveugle de naissance, mais l’un a subi sa perte de la vue à 16 ans pendant que l’autre a vécu cela beaucoup plus jeune, à ses 5 ans. Ayant un écart d’âge de seulement 4 ans (Amadou étant né en 1954 et Mariam en 1958), ils se sont fait connaître en tant que duo d’artistes professionnels au début des années 2000. Selon leur témoignage, il se seraient rencontrés en 1975, à l’institut des jeunes aveugles de Bamako qui, malgré l’évolution de la position des personnes malvoyantes dans le pays, reste la seule institution pour aveugles de la ville du fait de l’idée selon laquelle les personnes aveugles ne pourraient pas aller à l’école ou être très utile à la société. Amadou dirigeait la troupe musicale de la dite institut du fait qu’il était assez qualifié en tant qu’artiste local car il était déjà connu sur la scène musicale de la ville. En 1977, Mariam se retrouve chanteuse principale de cette troupe. Cela durera 3 ans. 3 années durant lesquelles ils tomberont petit à petit amoureux l’un de l’autre, jusqu’au moment où ils décident de former leur duo dans la vie et dans la musique, et de faire leur premier concert en tant que tel au stade de Bobo Dioulasso. 

En 1980, ils se marient mais ont dû faire face au jugement de leurs proches ainsi que de leurs familles. En effet ces derniers voulaient qu’ils se marient avec des personnes voyantes, afin de faciliter leur vie. Pourtant, malgré les réticences, ils se marieront et Mariam accouchera de leur premier enfant quelques semaines après.

En tant que figure de la musique malienne et africaine, ils décident de se battre dans leur pays d’origine pour que la place des personnes aveugles et la vision qu’on a d’eux change, car dans ce pays les personnes aveugles sont souvent perçus comme rien de plus que de futurs mendiants ou des personnes qui ne feront pas avancer la société en général.

Montrant que la musique n’est pas leur seul combat, en 2011 Amadou et Mariam sont devenus les Ambassadeurs de bonne volonté du Programme Alimentaire Mondial à l’ONU, afin de participer à l’évolution de l’Afrique mais aussi à l’amélioration de la condition de vie des africains.

Amadou dira, pour parler de leur relation artistique et surement de la relation conjugale, qu’il ne souhaitait pas qu’ils soient pareils mais qu’ils apportent l’un à l’autre

« J’aime que son univers soit un peu différent du mien. Cela apporte davantage de richesse.» affirme Amadou

Nelson et Winnie MANDELA

Le couple formé par Nelson et Winnie MANDELA montre qu’il existe souvent des divergences même si le combat est le même. 

Ils se marient en 1958 malgré une différence d’âge de 18 ans et ont eu 2 filles ensemble. Néanmoins ils forment un couple controversé du fait du pacifisme de Nelson et du radicalisme de Winnie, qui s’opposent en tous points et qui ont créé des problèmes que cela soit dans leurs couples que chez leurs partisans respectifs.    

Le couple a été romancé, avec raison car ils ont été très proches l’un de l’autre, et leurs histoires sont liées pour le meilleur et pour le pire. Elle lui a d’ailleurs appris beaucoup de choses sur la lutte contre l’apartheid et sur ses réalités lorsqu’il était en prison. 

Comme dit précédemment elle était une combattante beaucoup plus radicale que Nelson Mandela, n’hésitant pas à provoquer la police ou les lois séparatistes malgré le risque d’être mise en prison. Et c’est ce qui lui est d’ailleurs arrivée car, à la suite de ses actions, elle a eu beaucoup de problème avec la justice, faisant de ce couple un symbole de la lutte contre l’oppression raciale dans le pays. De plus, c’est Winnie qui, grâce à de nombreux efforts, a réussi à voir tous les 6 mois son mari en prison. Et à la suite de cela elle a même convaincu le ministre de la Justice, Kobie Coetsee, de rencontrer son mari pour alléger ses conditions de détentions. Ce qu’il fera en le transférant dans une partie de la prison beaucoup plus agréable.

Cependant, après sa libération de prison, Nelson Mandela et Winnie n’ont plus jamais eut ce que l’on pourrait appeler des bonnes relations. Malgré que celui-ci ne fasse rarement étalage de ses vies de couple, Nelson laissa échapper à sa libération en 1980 qu’il ne s’était jamais sentit aussi solitaire que lorsqu’il vivait avec elle. Devant la cour suprême de Johannesburg il a aussi mentionné le train de vie extravagant qu’aurait sa femme ainsi que ses infidélités.

D’ailleurs même à la mort de son mari, les problèmes ont continué à la suite de la révélation de l’héritage. Malgré des actions en justice, elle n’a pas réussi à obtenir ce qu’elle voulait : la maison familiale.

Pourtant le couple reste iconique et malgré les hauts et les bas, cette histoire représente ce que l’amour est : des histoires passionnelles qui ne se finissent pas toujours bien mais qui nous font murir et qui font partie de ce qu’on est.

Felix et Marie Thérèse HOUPHOUËT BOIGNY 

Thérèse Brou a rencontré son futur mari lorsqu’elle n’était qu’une étudiante et lui un député. Ils se rencontrèrent par un hasard lors d’un déplacement du député à Paris en 1950. Du côté de Félix, il y eut un coup de foudre et rapidement il exprime qu’il souhaite l’épouser. Un souci se posait pour compléter cette union : il était déjà uni à une certaine Kadhidja Racine Sow, une musulmane. Pour faire passer cette union, il avait dû déjà demander au Vatican un écart rarissime pour avoir une union religieuse avec cette dernière, qui d’ailleurs lui avait donné 4 enfants. Malgré les heurs qu’il aura avec les prêtres, il épouse Thérèse Brou en secondes noces le 22 Juillet 1952, à l’hôtel de ville d’Abidjan. Peu de temps après, elle passe du statut de femme de député à Première Dame de la République de Côte d’Ivoire (la toute première depuis l’indépendance). Près de 12 ans plus tard le Vatican autorise le mariage religieux, et le 09 Mai 1980 ils se marieront enfin religieusement à la chapelle privée de la résidence de l’archevêque à Cocody.

Ils n’auront aucun enfant biologique ensemble durant leur relation, mais en adopteront tout de même. D’abord une fille et un garçon (Hélène et Olivier), puis deux autres filles dans les années qui suivent (Marylise et Myriam).

Elle s’investira également dans le social avec sa fondation N’Daya International, inaugurant ainsi des centres de santé et des structures sociales, dont certaines porteront son nom. 

Pendant la vie du président et surtout après sa mort, du fait du détachement qu’il avait avec ses enfants, la famille recomposée était loin d’être unie. La mort du père de famille ne fera que mettre de l’huile sur le feu et donner une raison à la famille de se déchirer encore plus pour l’héritage important qu’il laisse derrière lui car, sans testament écrit, le notaire de la famille ne pouvait se référer qu’aux vœux oraux du président. Marie Thérèse a d’ailleurs dit que lorsqu’elle arriva chez lui pour percevoir sa part de l’héritage, il lui dit qu’elle n’aurait pas dû perdre autant de temps en funérailles et directement venir ici comme la plupart des personnes de la famille car tout le monde avait déjà pris le plus gros de l’héritage.

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