Art & Culture

Interview avec BLEU BRIGITTE

GC – La plupart d’entre nous vous connaissent déjà. Mais pour ceux qui ne vous connaîtraient pas, pourriez-vous vous présenter svp ?
BB – Alors, je suis Bleu Brigitte AGBRE et j’ai débuté ma carrière en tant que comédienne. Aujourd’hui je suis actrice, productrice, réalisatrice et scénariste ivoirienne. Mère de deux enfants et mariée légalement, je suis dans le métier depuis 28 ans maintenant.
GC – Comment êtes-vous passée d’actrice à réalisatrice ? Est-ce que la transition fut facile ?
BB – Pas du tout facile, parce qu’en tant que comédienne c’est tout autre chose qu’en tant que réalisatrice où tu passes derrière la caméra. D’abord Je suis allée à l’école, j’ai fait 3 ans pour apprendre vraiment ce que c’est que la réalisation. De plus, c’est ma première expérience en tant que réalisatrice avec « Les Larmes de l’Amour ». Avec cette série tout se passe bien parce que j’ai été aidée par mon mentor Andy Mélo, un jeune réalisateur Ivoirien. C’est lui le réalisateur principal de la série Les Larmes de l’Amour et auprès de lui j’ai appris la pratique
GC – En parlant des Larmes de l’Amour, qu’est-ce qui vous a inspiré à l’écrire ?
BB – « Les larmes de l’amour » c’est plusieurs histoires vraies, c’est ce que les gens vivent au quotidien. Il y a plus de 10 histoires dans les larmes de l’amour. Je connais des personnes qui ont vécu ces histoires-là, et moi-même j’en ai vécu aussi. Alors je me suis dit que le jour j’ai les moyens nécessaires, il faut que je parle de l’amour dans toute sa dimension, l’amour qui fait pleurer, l’amour qui fait rire, l’amour qui est source de souffrance mais aussi source de bonheur.
GC – Donc vous avez déjà répondu à ma prochaine question qui était est-ce que c’était votre première réalisation de film ?
BB – Oui c’est ma première réalisation de film en coréalisation avec Andy Mélo comme j’ai dit mais je viens de finir un autre film également.
GC – Lors du casting, qu’est-ce que vous recherchez vraiment chez les acteurs ?
BB – Je cherche des acteurs qui savent jouer. Quand je parle c’est très important que moi et puis moi avant de confier un rôle à un acteur, je cause avec lui, j‘apprends à le connaître, je sais tel rôle il peut rendre tel rôle il ne peut pas rendre. Donc l’acteur même, c’est lui-même (?) d’un film parce qu’il y’a un réalisateur un cadreur et tout une équipe autour mais quand le film finit et que on le montre à la télévision c’est l’acteur qu’on voit, donc il faut que l’acteur soit bon pour bien véhiculer le message. Donc l’acteur il est très important pour un film.
GC – Vous avez eu comme prix au ZAFAA meilleure série TV, meilleur scénario de série TV, meilleur acteur série TV avec Kane et meilleure actrice série TV avec Cycy Nassardine. Qu’est-ce que vous ressentez après tous ces prix ?
BB – C’est une énorme fierté. 28 ans de travail, 28 ans dans l’ombre. Je suis vraiment fière de ces prix parce que j’ai eu trop de problème avec larmes de l’amour concernant le tournage. Ça fait quand même 4 ans que je tourne ce film et ce fut difficile d’avoir le financement. C’est le producteur, M. Agbre Sylvain qui est mon producteur et du coup c’est lui qui était vraiment obligé de chercher les financements nécessaires. Ça n’a pas été facile, alors voir que ce film remporte des prix, je ne peux qu’en être heureuse. Et je dis merci vraiment à tous ceux qui ont donné de leurs temps et de leurs vies même parce que donner de l’argent souvent c’est donner son sang. Alors merci à tous une fois de plus.
GC – Donc après 28 ans de carrière … 28 ans ce n’est pas 28 jours ou 28 minutes ou 28 secondes. 28 Années c’est plus vieux que moi-même ça c’est sûr. C’est à dire que vous avez commencé la carrière et moi je suis né ensuite. 8 ans plus mon âge. Après 28 ans de carrière, qu’est-ce que vous retenez du cinéma, Ivoirien, Africain, avec votre première expérience de réalisatrice. Ce que je retiens du cinéma ivoirien c’est que c’est maintenant qu’on peut parler de cinéma en Afrique, surtout en Côte d’ivoire.
BB – En notre temps on ne vivait pas de son art, il n’y avait vraiment rien. Nous on tournait pour un 10 000 Fcfa. Je me rappelle j’habitais à ce moment-là à Yopougon, il fallait quitter Yopougon pour venir à la répétition à RTI, mais c’était vraiment difficile. Pour venir même le jour où tu n’as pas de transport, tu descends à Adjamé le reste tu fais à pied. Venir à la RTI. Et ça peut être pour un 10 000 pour un 5000, et ça c’est quand tu à la chance sinon tu peux taper toute une année et vraiment tu n’as pas un rond. Donc le jour où tu as la chance et que tu peux te taper un 10 000 Fcfa ; Mais aujourd’hui ça va, ça va. On peut vivre de ce métier-là. Et dans des années plus tard je veux dire dans 2 ans, 3 ans, 5 ans, on peut parler on peut vivre du cinéma. Donc j’encourage la jeune génération, tous ceux qui sont intéressés, mais c’est un métier difficile. Il ne faut pas venir au cinéma parce que tu es joli, tu es une belle fille, joli garçon, je viens pour peut-être qu’un gars me drague : non. C’est un métier à plein temps, et c’est un métier ou tu connais ou tu ne connais pas quoi.
GC – Normalement cette question n’y était pas mais je voulais dire maintenant le cinéma nigérian et le cinéma ivoirien
BB – Bon le cinéma nigérian es en avance on ne peut pas comparer le cinéma ivoirien au cinéma nigérian. Mais je veux dire qu’en Côte d’ivoire, le cinéma commence à prendre son envol. Et maintenant le ministère commence à aider ceux qu’ils peuvent aider parce que moi je n’ai pas encore reçu mais on n’est pas beaucoup, mais au fur et à mesure peut être que les gens vont comprendre que le cinéma est vraiment important, le cinéma peut remporter des prix, le cinéma peut fait avancer le nom de la Côte d’ivoire. Mais pour le moment ce n’est même pas comparable
GC – Et surtout quand on a l’avènement de beaux films comme soeurs ennemies
BB – Comme les sœurs ennemies, comme les cours de la vie de Franklin comme…
GC – Les larmes de l’amour, et surtout le projet
BB – Il y’a un autre film, comment il s’appelle … ? Les invisibles. Il y’a beaucoup de productions quand même qui commencent à prendre, et puis il y’a national Security d’Andy Belo ; et puis il y’a l’école on dit qui commence à former les acteurs, ils apprennent vraiment à se former. De notre temps il n’y avait pas de formation. Mais aujourd’hui il faut te former. C’est vrai le talent il est inné, mais aussi souvent quand tu te formes ça devient encore meilleur

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