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Interview avec CYCY NASSARDINE

GC – Bonjour madame, nous voudrions savoir pour ceux qui ne vous connaissent pas ou qui vous voient pour la première fois, qui est Cycy Nassardine ?
CN – D’accord. Je suis productrice exécutive et actrice de film et de théâtre. J’ai été formée à l’American Academy Dramatic Arts. En 2015 j’ai fondé une boite d’accompagnement en audiovisuelle spécialisée en ‘’location scouting’’, c’est à dire tout ce qui est recherche de lieu, castings de talents, castings de techniciens et on fait de la formation et de la représentation aussi sur les festivals internationaux. En gros je suis une cheffe d’entreprise et actrice aussi. Donc voilà mes deux passions
sont entrepreneuriat et l’acting.
GC – Quand est ce que le cinéma a commencé pour vous ? Est-ce que ça été un déclic ?
CN – En fait je me suis toujours vue en tant que productrice parce que j’ai comme modèle Oprah Winfrey ; des femmes fortes de ce genre, qui excellent dans le milieu de l’audiovisuel et qui sont à la fois productrices, scénaristes, actrices. Je pense qu’en tant qu’artiste j’ai quand même une grande palette à mon actif. Peut-être que je n’ai pas encore été révélée au grand public mais j’ai l’intention de faire pas mal de choses. Je suis pluridimensionnelle alors pour l’instant je me suis dirigée vers le cinéma qui est ma passion car depuis toute petite je savais exactement ce que je voulais faire comme métier. J’ai donc commencé par une formation en gestion, puis un master en finances et en management et enfin je me suis dirigée vers les arts dramatiques pour pouvoir me perfectionner. J’ai aussi fait une formation avec Luc Besson en production audiovisuelle et en réalisation à la Cité des Arts à Paris et ça m’a permis d’avoir au moins les termes de références et les termes techniques pour exercer dans ce domaine. J’ai commencé la pratique en 2014 avec la série ‘’Chroniques Africaines’’, ensuite ‘’Blog’’ ; j’ai tourné au Ghana, aussi au Nigéria, alors j’essaie de faire un peu mon petit bout de chemin dans cette industrie qui n’est pas très évidente pour les francophones.
GC – Donc on peut dire que ‘’Les Larmes de l’Amour’’ n’est pas votre première expérience professionnelle ?
CN – Non ‘’ Les Larmes de l’Amour’’ n’est pas ma première expérience mais c’est un projet que j’ai fait avec le cœur. Pourquoi je dis avec le cœur ? Parce que Mme Agbré et son mari m’ont approché avec leur projet qui était encore à l’étape du développement et j’ai tout de suite accroché au scénario parce que l’histoire était vraiment émouvante. Ainsi dans la série vous allez voir qu’il y’a plusieurs histoires qui s’entremêlent. On a l’amour sous toutes ses formes, l’amour passionnel, l’amour fraternel, l’amour paternel ou maternel, on a aussi l’amour amical. Donc on a de l’amour sous toutes ses formes et pourquoi ‘’ Les Larmes de l’Amour’’ ? Parce que l’amour c’est beau mais l’amour ça fait pleurer aussi parfois. C’est donc un film qui se rapproche tellement de la réalité, que ce soit de la jeunesse ivoirienne ou de toute la population africaine, c’est vraiment proche de nos réalités et j’ai accroché tout de suite au scénario ; j’ai même accepté de le faire sans parler de cachet de façon immédiate mais je l’ai fait parce que ça me faisait plaisir de le faire. La série compte environ 104 épisodes mais moi j’ai figuré dans les 3 premières saisons que vous allez découvrir et vraiment ça a été une belle aventure. Je suis très heureuse du résultat et j’ai hâte que le public découvre la série.
GC – Nous aussi on a hâte, on a vraiment hâte. Alors, que retenez-vous donc du rôle de Catalya ?
CN – Alors c’est une jeune femme qui vit sous la pression de la société. On veut absolument qu’elle se trouve un mari, qu’elle se trouve un boulot parce qu’elle tend vers la trentaine. Et en fait cette pression la pousse à faire de mauvais choix, et je pense qu’aujourd’hui il faut éviter de mettre la pression aux jeunes femmes afin qu’elles puissent se sentir libres de faire les choix qui leurs plaisent. Moi j’ai bien conscience que moi aussi mon choix de carrière n’est pas évident en Afrique car on n’a pas l’habitude de voir une jeune femme forte, et en même temps aussi libre, donc on a l’impression que c’est quelque chose qui n’est pas commun et donc qui est d’avance même rejeté. En effet l’art pour moi c’est mon moyen d’expression et je pense que cette jeune fille, Catalya, à travers ce film a beaucoup de choses à dire aux jeunes filles qui vont la suivre. Plus simplement je ne retiens que de belles choses.


GC – Vous avez été élue meilleure actrice série TV au ZAFAA, qu’est-ce que vous ressentez après cette victoire ?
CN – Oui, j’en parle même avec la chair de poule parce que je suis quand même l’une des actrices les moins en vue, dans le sens où je suis très discrète, j’aime mon travail et je passe mon temps à apprendre mes textes ou à bosser des scénarios. Je pense que c’est la chose qui me permettra plus tard d’aller encore plus loin, pourquoi pas viser les OSCARS, viser les CESARS, viser Hollywood et ça demande beaucoup de travail. Alors je mets vraiment mon travail en priorité, et cette année avoir été sacrée déjà aux NISA meilleure actrice télé de Côte d’Ivoire, pour moi qui ne suis pas vraiment exposée, ce fut vraiment une révélation à moi-même. Meilleure actrice au Nigéria encore une deuxième fois, je l’accepte avec vraiment le coeur très ouvert, je me sentais vraiment honorée, mais je remercie aussi toutes les personnes qui me soutiennent, ma famille et mes amis, mais je me remercie également pour mon sérieux, pour ma dévotion, pour toutes ces années je veux dire de concentration guidée l’amour que j’ai pour ma passion. Et je dédie aussi ces prix-là à toute la jeunesse ivoirienne, parce que c’est pour une façon de leur dire qu’il faut croire en ses rêves. Il est vrai que je ne suis pas encore où je veux être mais je suis en plein chemin, et je le dis avec une ferme conviction. Je suis une éternelle optimiste donc je pense que de meilleures choses arriverons et c’est pour ça que ce prix je le dédie à tout le monde, à toute la jeunesse ivoirienne qui a le droit de croire en ses rêves parce que il faut viser l’excellence.
GC – Franchement, il y a que de la fierté à ressentir. Mais dites-moi, comptez-vous vous arrêter en si bon chemin ?
CN – Jamais, mais jamais. Pourquoi s’arrêter ? J’ai affronté trop de bataille pour m’arrêter en si bon chemin. L’art de la guerre, ce n’est pas s’arrêter comme ça, il faut la gagner la guerre. Mais ma guerre est de bon augure parce que c’est une guerre d’excellence, c’est juste aller plus loin, montrer aussi qu’on peut venir de la Côte d’ivoire et toucher le monde entier. Aujourd’hui j’ai envie de re-brander le cinéma ivoirien afin que ce soit un réel cinéma ambassadeur de la Côte d’Ivoire, pour qu’on puisse aussi se dire, comme nos frères Nigérians, que la Côte d’ivoire aussi excelle dans le domaine artistique. Alors non je ne compte pas m’arrêter et je compte au contraire exceller encore plus.
GC – Alors merci beaucoup et surtout bonne chance pour la suite de votre parcours.
CN – Ce fut un plaisir pour moi.

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