Art & Culture

Interview avec Sylvain AGBRE

GC – Donc bonjour Monsieur Sylvain Agbré, bienvenu à MILC magazine
SA – Bonjour, merci bien !
GC – On aimera savoir qui est monsieur Sylvain AGBRE ?
SA – D’accord. Sylvain Agbré c’est d’abord un jeune ivoirien passionné de cinéma, exploitant de salles de cinéma, directeur d’exploitation des cinémas Majestic. En dehors de ça, producteur qui a sa propre structure de production de films qui s’appelle African Dream Distribution. Donc j’ai à mon actif 3 grosses productions : la série “Les Larmes de l’Amour” , avant ça une co-production pour le film “Le virus” et le tout dernier en date, des sketchs que j’ai fait pour la plateforme NCI qui s’appelle ‘’Le show de l’Aude à (?)
GC – Depuis combien de temps êtes-vous dans la production ?
SA – Cela date quand même de 2008-2010. J’ai fait ma première production, en fait c’était une coproduction d’un long métrage qui avait très bien marché au cinéma. On l’a vendu au Burkina, aussi à travers des DVD en réalisant plus de 15 000 ventes, pour un film c’était quand même énorme.
Après on a mis du temps parce qu’il fallait construire un projet bien nourris, afin de concevoir un projet avec la scénariste Brigitte Bleu et donc là on a fait une grosse série de 52 épisodes de 26 minutes qui passera sur A+ Ivoire en mars 2020.
GC – Vous êtes arrivé dans la production plutôt par passion ou par contrainte ?
SA – Véritablement par passion, parce que déjà avant j’étais exploitant de salle avant d’être producteur, et le fait de rencontrer des producteurs, de regarder des films, j’ai sentit un peu cette fibre-là de dire « est-ce que moi je ne peux pas essayer ça » parce que j’avais le souci de qualité, de vouloir apporter quelque chose de différent. J’ai voulu même passer à la réalisation mais je n’ai pas eu le temps de me faire former parce que mes activités ne me le permettaient pas, mais dans la production je me suis senti plus à l’aise parce que j’avais, par ma position, l’opportunité de rencontrer et d’avoir des portes ouvertes. C’est ainsi qu’on a essayé d’utiliser ce chemin là pour
pouvoir financer ce film.
GC – Quand est-ce qu’est né African Dream Distribution et pourquoi l’avoir conçu ?
SA – Alors African Dream Distribution a un slogan qui dit « rêver, faire rêver et réaliser son rêve ». Rêver parce que moi à la base je suis un gros rêveur, j’ai un grand idéal. Et faire rêver c’est communiquer son rêve aux autres, permettre d’entrer dans son rêve avec soi, car lorsque tu rêves c’est beau, mais quand vous rêvez à deux c’est encore plus beau. Donc faire rêver c’est donner une autre image de l’Afrique. Donner une autre image de nos productions, une autre image par
forcément de films mais d’avoir un autre regard sur notre pays, sur nos activités, et atteindre ses objectifs parce que réaliser son rêve c’est atteindre ses objectifs. Donc on n’est pas que dans le rêve, on reste réaliste mais il faut atteindre nos objectifs.

GC – D’accord. Et qu’est-ce qui vous a convaincu à produire ‘’Les Larmes de l’Amour’’ ? C’est quand même une grosse série.
SA – Oui, alors, ‘’Les Larmes de l’Amour’’, j’ai vu le scénario qui a été écrite par Brigitte Bleu qui est une comédienne qui travaille pour la RTI depuis plusieurs années, qui a un nouveau genre d’écriture, qui a 28 ans de carrière, qui réussit à capter l’émotion, à traduire dans ses écrits le quotidien de ce que les gens vivent, et le dépeindre de manière à ce que ça plaise. Et lorsque j’ai lu le scénario, je me suis dit « Waw, il faut que je fasse découvrir ce talent ». Brigitte Bleu était montrée à la télévision en tant qu’actrice, mais en tant que scénariste elle ne l’était pas. Alors on a voulu donner une autre dimension à sa carrière, et je pense qu’il n’y a rien de mieux qu’un film pour montrer ce qu’elle sait faire de mieux. C’est dans cet élan que l’on a décidé de produire ce film et on a eu de très belles expériences, de très belles rencontres avec des acteurs ; c’était très enrichissant, on a passé des moments merveilleux et je ne regrette vraiment pas d’avoir produit ce film.
GC – Et surtout que ressentez-vous après cette série qui n’est même pas encore sortie au grand écran mais qui a déjà remporté 4 grands prix, entre autre meilleur scénario série TV, meilleure actrice féminine série TV, meilleur acteur masculin série TV et j’en passe…Vraiment c’était le ‘’Waw’’ que la Côte d’Ivoire attendait de son cinéma.
SA – De mémoire, je ne crois pas qu’un film ait reçu autant de prix lors d’un festival, et je pense que c’est le fruit d’un travail bien fait parce que ce film nous a pris 10 ans entre l’écriture, la conception, la recherche du financement, le casting et j’en passe. Parce qu’on a pris tout notre temps pour l’écrire et pour le concevoir. Le tournage en lui-même a pris 2 ans, mais avant ça, il y’a tout un travail, parce que ce sont plusieurs histoires d’amour racontées différemment, des choses que des gens ont vécu, avec leur originalité, ça nous a pris 10 ans, et je pense que c’est l’aboutissement et la consécration d’un travail. Et je dédie ce prix aux réalisateurs, Brigitte Bleu et Andy Mélo, je dédie ce prix à tous les techniciens qui ont travaillé sur ce film, je dédie ce prix surtout aux acteurs qui ont donné le meilleur d’eux malgré les maigres moyens qu’on avait pour que ce film soit un succès et qu’on ait des prix.
GC – Après plusieurs séries et plusieurs sketchs que vous avez réalisé, est ce que vous comptez vous arrêter maintenant, ou changer d’élan ou de direction ?
SA – Alors là pas du tout, on a encore des gros projets de production dans les tiroirs. Actuellement on travaille sur une grosse série comique, je pense qu’en janvier on va lancer le début de la production qui sera une série à vous faire tordre de rire, parce que je pense que c’est en manque ce genre de séries de 26 minutes, avec des acteurs de renom mis dans des contextes différents et vraiment dans
le cadre de leur savoir-faire. Je pense que ça va donner quelque chose de chic, de beau et ça va animer vraiment comme contenu les programmes TV. De plus on cherche à construire des festivals, car il faut travailler aussi sur la promotion des films, et je pense que l’un des meilleurs moyens pour faire la promotion d’un film, c’est aussi les festivals parce que le film peut y gagner des prix et nous voulons donner le maximum de possibilité en concevant un festival qui va ouvrir des portes sur un marché international. C’est notre but donc de donner la possibilité à des professionnels ivoiriens, africains et francophones de pouvoir s’ouvrir sur des plateformes internationales afin qu’ils puissent vivre véritablement de leurs œuvres. Alors ce sont les gros chantiers de demain, on y travaille avec les partenaires, ce sont eux avec qui on a fait nos preuves donc j’espère que les gens vont rentrer dans ce rêve encore avec moi pour m’accompagner
GC – C’est vrai qu’il est temps de pouvoir concrétiser ces rêves là parce que le cinéma Ivoirien en a besoin, surtout quand il est rehaussé par des films et des séries comme ‘’Les Larmes de l’Amour’’ qui sont franchement d’un modernisme avec des acteurs qu’on ne connaissait pas, mais qui sont d’excellents acteurs, c’est vraiment magnifique. Merci à vous pour ce travail et ces révélations.
SA – C’est moi qui vous remercie de toujours suivre nos rêves…

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